Résumé du documentaire

Un village de Calabre est un documentaire réalisé par Shu Aiello et Catherine Catella. Il retrace la vie du petit village calabrais du nom de Riace, autrefois désertifié par ses habi-tants, et qui connaît désormais une nouvelle vie grâce à une politique d’hospitalité des mi-grants.

En effet, le village de par sa situation géographique, a connu des vagues massives d’immigration, ou du moins d’arrivée de migrants. Le maire du village, Domenico Lucano, a décidé d’adopter une attitude proactive, et de faire des migrants une véritable opportunité pour la situation démographique du village. Contrairement à tous les autres villages, qui voyaient en les migrants de potentiels voleurs d’emplois ou des faiseurs de troubles, Riace a cherché à faire rester les migrants. Et ce fut une mission réussie, puisque certains y fondè-rent leurs familles, et s’y plaisent réellement : un homme interviewé évoque même un « deuxième Kurdistan ». En 25 ans, la population du village est ainsi passée de 900 à 2100 habitants.

Toute cette opération découle de nombreux processus d’intégration.

  • Tout d’abord la langue : Pour que les migrants soient pleinement intégrés, le village a mis en place des cours pour enfants et pour adultes.
  • La religion : les migrants sont en effet impliqués dans la vie religieuse, chère au village de Riace. Pour preuve, un extrait du documentaire montre le prêtre du village en train de demander aux nouveaux arrivés de prier en leur langue.

Aujourd’hui, l’expérience de Riace est considérée comme un véritable succès, et plu-sieurs villages souffrant d’un hiver démographique sont encouragés à suivre la même voie par le biais de l’association «Città Futura».

Comment s’en servir en géopolitique ?

Le documentaire est riche, et peut servir pour plusieurs sujets :

  • La Méditerranée et l’Europe

    Espace d’échanges, parfois considérée comme une frontière, parfois comme une fracture… Elle reste quoi qu’il en soit la route privilégiée par les migrants venus d’Afrique pour rejoindre l’Europe. Or, celle-ci est l’une des routes les plus dange-reuses au monde. Durant le documentaire, plusieurs récits alimentent cette idée, ra-contant ainsi le naufrages de nombreux bateaux. Une nonna italiana s’exprimera en ces mots « Mare Nostra è pericolosa » (notre mer est dangereuse)

  • Les migrations et la démographie
    • Aujourd’hui, les migrants représentent 8,1% de la population italienne. Rappe-lons-le, l’Italie est une des « portes de l’Europe » et souffre d’un manque de con-trôle à ses frontières. L’État, dépassé par les évènements, est ici relégué par une initiative locale. Il s’agit donc ici d’un véritable changement de logique, qui peut être une solution très intéressante dans un mouvement « bottom up » plutôt que « top down »
    • Ce documentaire permet de relativiser le phénomène migratoire. En effet, l’obsession sécuritaire peut laisser place à une véritable opportunité dans une Eu-rope qui vieillit de plus en plus.
  • La mondialisation grise

    Ne l’oublions pas, l’action se déroule en Calabre, foyer historique de la ‘Ndrangheta, considérée comme une des mafie les plus dangereuses au monde. Une des plus grandes craintes des villageois était de voir les migrants se laisser embrigader par la mafia qui se sert de ceux-ci pour cultiver les terres. Ainsi, dans une région où « l’on confond droit et privilège », Riace a décidé de ne pas laisser les migrants aux mains de la mafia et de s’unir contre elle. Les commerçants sont victimes de la mafia et veu-lent désormais s’organiser contre cette dernière.

Pour aller plus loin

A propos de l'auteur

Margot Serra, ancienne préparationnaire en ECS (Lycée Thiers), est désormais étudiante en première année à l’ESCP Europe.