Avertissement : Essayer de faire le sujet (Analyse des termes, cadre chronologique et historique, problématique, plan détaillé, introduction rédigée et éléments de conclusion) avant de regarder la correction proposée

Résumé de l’article

Cet article a pour vocation de donner un cadre méthodologique appliqué au traitement d’un sujet d’Histoire-géographie et géopolitique du monde contemporain (pour les ECS). Il est ponctué de Rappels « Rapport de Jury » (afin de rappeler les enjeux de l’exercice), d’ « astuces » (pour les définition, la problématisation, le plan, l’organisation des brouillons et même la rédaction) et de « conseils de correcteurs ». Le document est divisé en 5 à 6 parties qui mettent en valeur les étapes de la réflexion, des rappels du stade de la réflexion sont signalés au fil du sujet.

Sommaire

  • Analyse des termes du sujet
  • Problématique/Idées de conclusion/Plan
  • Introduction rédigée
  • Carte
  • Légende
  • À retenir - l’essentiel autour des recommandations du jury

Analyse des termes du sujet

Rappel « Rapport de Jury » (ESSEC 2006)

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Commençons par l’un des termes au cœur du programme :


« Mondialisation » : Processus de mise en commun des économies, des espaces et des sociétés par une intensification progressive des flux de toutes natures, aboutissant à une interdépendance accrue entre les territoires.

La mondialisation implique alors une hiérarchie entre les États, les espaces, les territoires et plus généralement l’ensemble de ses acteurs. Certains territoires deviennent ainsi « gagnants » et d’autres « perdants » dans les processus mondialisés… On a donc déjà un début d'idée de ce que l’on peut faire pour intégrer la France dans notre raisonnement…


« France » : Ensemble des acteurs (État, institutions, entreprises et firmes multinationales, villes, universités, industries…), des flux et des territoires français. Les territoires français sont délimités par des frontières qui délimitent le pays.

« Astuce »

Il est très utile de définir les ‘petits mots’ du sujet (« face, entre, de, enjeu à l’épreuve de… »), afin de faciliter le travail de réflexion, et ainsi faire émerger une problématique viable.


« dans » : Idée d’intégration, et avant cela de compatibilité entre la France et la mondialisation.

Stade de la réflexion : cela pose la question de savoir si la France est intégrée ou non dans les flux et les structures de la mondialisation…


Absence de « ? » : On s’intéresserait alors à un bilan, à un constat sur une situation à un instant donné plus qu’à la possibilité/à la prospection. On ne se demande pas sous quelles conditions la France pourrait être pleinement intégrée dans les flux et les structures de la mondialisation, on se demande si elle l’est véritablement ou non.


Stade de la réflexion : L’absence de point d’interrogation nous confirme que c’est bien sur une situation donnée (avec bien entendu une profondeur historique), qu’il nous est demandée d’étudier : nous devons dresser un bilan, poser un constat sur la place et le rôle de la France dans la mondialisation.


Cadre Spatial : Espace français (la France délimitée par ses frontières).


Cadre Temporel : Début de la mondialisation contemporaine (depuis la fin de la seconde guerre mondiale et l’avènement d’un nouveau « système-monde »).


Point de départ de la réflexion : La France serait a priori bien intégrée dans les flux et les structures de la mondialisation, car c’est un pays développé et très présent au sein des instances internationales, disposant ainsi de nombreux atouts économiques et géopolitiques.


Stade de la réflexion : Le point de départ peut-être notre « a priori » sur le sujet (dûment justifié), la doxa (l’opinion la plus largement partagée), une réponse simple et évidente au sujet… Il constitue une réponse (partielle) à notre future problématique et nous permet de nous faire la transition entre la définition des termes et la recherche de la problématique et du plan (stade de déploiement de la réflexion).

Problématique/Idées de conclusion/Plan

Problématique

« Astuce » préalable

On peut prendre une feuille de brouillon et la couper en 3 parties inégales. Une petite partie en haut pour y mettre la problématique, une grande partie au milieu pour y mettre les 3 grands axes du plan exposés très clairement et une partie en bas de page pour mettre les idées de conclusion.


« conseil des correcteurs » : Après la définition des termes du sujet, il convient de bâtir un plan qui répond à une problématique. Cette réponse est rappelée dans la conclusion. Plusieurs possibilités s’offrent donc à nous ici :

  1. a) Si la problématique est immédiatement « donnée » (majorité des sujets) on l’écrit et on essaye d’y répondre directement dans la partie conclusion pour trouver le plan.
  2. b) Si la problématique est difficile à formuler, on écrit les premières idées générales qui nous viennent à l’esprit après la définition des termes, à l’instar du point de départ que nous avons mis en évidence à la fin de l’analyse : « La France semble a priori intégrée à la mondialisation à travers les atouts dont elle dispose ». Ces idées pourront constituer une réponse possible ou une partie de réponse au sujet, c’est-à-dire une « grande partie ». Il sera dès lors plus facile de trouver une problématique par la suite.

Ici, avec le travail effectué en analyse, la problématique serait directement formulable et serait (on peut également se dire que l’on « problématise » le point de départ, que l’on revient sur notre conception « a priori ») :

« La France et ses multiples acteurs sont-ils gagnants ou perdants dans les flux et les structures de la mondialisation ? »

Idées de conclusion

On répond alors à cette problématique. Cette réponse va constituer nos éléments de conclusion, puisque celle-ci doit systématiquement comporter une réponse concise à la problématique : « S’il semble tout d’abord que la France dispose d’atout majeurs pour s’intégrer aux processus mondialisés, le pays éprouverait cependant certaines difficultés à être pleinement mondialisé. Cette intégration inégale serait révélée par un typologie, des déséquilibres et des recompositions des territoires français dans la mondialisation ».

On se rend compte alors qu’une bonne partie de l’introduction est rédigée (car nous devons répondre à notre problématique dans cette partie du devoir) , et que nous avons déjà de solides idées pour le plan.

Plan

Rappel « Rapport de Jury » (ESCP 2011)

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Le plan est donc le témoin de notre effort de réflexion en même temps qu’il est une réponse nuancée et progressive à notre problématique (voire l’annonce du plan dans l’introduction rédigée pour s’en convaincre).

Si la réponse à la problématique dans les idées de conclusion a été correctement menée, trouver un plan est plus aisé car vous savez où vous allez.

Le plan serait donc :

  1. I. (on va dans le sens du point de départ de la réflexion)Il semble tout d’abord que la France dispose d’atouts indéniables pour s’intégrer aux flux et aux structures de la mondialisation…
  2. II. …toutefois, la France éprouverait également des difficultés à être pleinement mondialisée.. (Contrepied du point de départ sans contredire l’essence du point de vue exposé : si le pays est mondialisé, il ne le serait que partiellement..)

    « Astuce »

    Avec le petit mot ‘dans’, le sujet est extrêmement propice à une typologie. Le sujet d’étude étant la France, une typologie géographique semble ici optimale entre les divers territoires qui composent l’espace national français. Nous allons dresser cette typologie et en dresser les ressorts dans une troisième partie.


    La typologie et la géographie peuvent donc s’avérer extrêmement utiles pour construire une troisième partie si l’on est à court d’idées.

  3. III… intégration inégale qui se traduit par une typologie, des déséquilibres et des recompositions des territoires français dans la mondialisation.

Plan détaillé

« conseil des correcteurs » : Chaque partie doit comporter deux à trois sous parties, dans l’idéal de longueurs égales. On peut par exemple faire A) économie/social B) Géopolitique (et éventuellement C) Aspects culturels). Il est aussi assez heureux de donner un cadre historique à la démonstration dans le I) A). Le but est ensuite de donner un exemple par sous partie (au plus deux, afin de ne pas « dissoudre » le propos lors de la rédaction)

  • I. Tout d’abord, la France semble disposer d’atout incontestables pour être intégrée dans les flux et les structures de la mondialisation…

    • A. Un pays historiquement intégré dans les flux et les structures de la mondialisation depuis 1945… (cadre historique avant d’aller plus loin)

      Exemples : La France est membre de toutes les grandes institutions internationales (siège de membre permanent au CS de l’ONU), elle fait vivre un modèle économique original et globalement performant (Héritage de l’étatisme).
    • B. … profondeur historique servie par des atouts économiques incontestables…

      Exemples : de grandes FMN (Safran et sa présence aux EAU depuis 1977, la firme équipe les moteurs de Boeing 737).
    • C… et des atouts géopolitiques et culturels certains.

      Exemples : Une attractivité à l’échelle mondiale (première destination touristique), attrait de la culture française à l’international…
  • II. …toutefois, la France éprouverait des difficultés à être pleinement mondialisée...

    • A. Des difficultés économiques qui nuisent à l’intégration de la France dans les processus mondialisés…

      Exemples : Une désindustrialisation progressive depuis le milieu des années 1970 – exemple des déboires d’Alstom depuis le milieu des années 2000. Cela induit une hiérarchie renversée au sein de laquelle la France n’est plus devant certains concurrents.
    • B. ..auquel s’ajoutent des difficultés géopolitiques et internationales ..

      Exemple : Un ordre politique remis en cause par les émergents (le Brésil réclame un siège de membre permanent au CS de l’ONU).
    • C… dont découle la tentation du repli et de la « démondialisation ».

      Exemple(s) : La montée des populismes et des mouvements « antilibéraux » et « antimondialisation ». On pourrait « classer » le FN et le mouvement des insoumis dans ces catégories, tout comme ATTAC (altermondialiste) comme des organisations ayant lutté pour le repli.
  • III. …intégration inégale qui se traduit par une typologie, des déséquilibres et des recompositions des territoires français dans la mondialisation.

    • A. Des territoires français mondialisés et conquérants, pleinement intégrés dans la mondialisation…

      Exemples : Paris est une ville mondiale (La Défense, Aéroport international à Roissy..). Cosmetic Valley (au sud de Paris) ainsi que les interfaces (Ports, frontières..).
    • B. … Des territoires en difficultés..

      Exemples : Agriculture de moyenne montagne en déprise, sensible aux fluctuations du marché. Haute-France..
    • C… Des recompositions et des politiques spécifiques pour mieux intégrer les territoires dans la mondialisation.

      Exemple : Une volonté de mettre en place une politique de transports ambitieuse (TGV). Volonté d’aménager le territoire français à l’échelle européenne (Interreg, Eurorégions) …

Introduction rédigée

Rappel « rapport de jury » (ESCP 2011)

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« La France a épousé la mondialisation pour le pire mais pas pour le meilleur. Et c’est bien ce mariage raté, bancal et infécond qui en fait le pays où la vie est plus dure ». (Le pays où la vie est plus dure). Pour le Journaliste Philippe Manière, la France se situerait dès lors dans le camps des « perdants » de la mondialisation, tant le pays, pour certains « déclinistes », serait inadapté aux processus mondialisés.

La mondialisation contemporaine se caractérise par une mise en commun des espaces, des économies et des sociétés par une intensification progressive des flux de tout natures, aboutissant à une interdépendance accrue entre les territoires. Elle prend son origine dans les deux révolutions industrielles ainsi que dans le système mondial organisé en 1945 par les grands États occidentaux. La France, par ses multiples acteurs (État, firmes, villes, universités, territoires…) semble ainsi bénéficier d’une place privilégiée dans les processus mondialisés. Toutefois, comme le relève Philippe Manière, la France éprouve également des difficultés à être pleinement intégrée dans la mondialisation, en témoigne le processus de désindustrialisation qui touche le pays depuis le milieu des années 1970, face à la concurrence accrue de nouveaux pays industrialisés disposant d’avantages comparatifs dans la mondialisation.

Dès lors, la France et ses multiples acteurs sont-ils gagnants ou perdants dans les flux et les structures de la mondialisation ?

Il semble tout d’abord que la France dispose d’atouts incontestables pour s’intégrer pleinement à la mondialisation (I), cependant, la France éprouverait également des difficultés majeures à être pleinement mondialisée (II), cette intégration partielle se traduisant par une typologie, des déséquilibres, et une recomposition des territoires français dans la mondialisation (III).

Carte et légende

Carte

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Légende

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À retenir, le + de l’article

  • La typologie est souvent bien utile pour bâtir une troisième partie.
  • Surtout, définir tous les termes du sujet (on ne rappellera jamais assez l’importance des « petits mots »)
  • L’introduction doit être brève. Lorsque l’on n’est pas extrêmement à l’aise, on peut commencer par définir les termes et ensuite problématiser. Avec de l’entraînement, on peut mêler définition et problématisation comme dans l’exemple proposé.
  • La problématique se doit de reprendre les termes du sujet. Elle met le point de départ de la réflexion sous forme de question.
  • Les sujets sans « ? » impliquent un « décalage des enjeux », entre qualités d’exposition et de réflexion. Ici, une réflexion solide sera le premier critère valorisé alors que sur les sujets formulés en question les qualités d’expositions et de réflexion sont évaluées de manière égales.