Méthode d’HGG appliquée avec sujet corrigé

Avertissements :

  • Essayer de faire le sujet (Analyse des termes, cadre chronologique et historique, problématique, plan détaillé, introduction rédigée et éléments de conclusion) avant de regarder la correction proposée
  • Le sujet proposé ici se veut être un condensé de la méthodologie proposée par MyPrepa News. N’hésitez donc pas à consulter auparavant nos articles sur les techniques pour rédiger vos dissertations d’HGG

Résumé de l’article

Cet article a pour vocation de donner un cadre méthodologique appliqué au traitement d’un sujet d’Histoire-géographie et géopolitique du monde contemporain (pour les ECS). Il est ponctué de Rappels « Rapport de Jury » (afin de rappeler les enjeux de l’exercice), d’ "astuces" (pour les définition, la problématisation, le plan, l’organisation des brouillons et même la rédaction) et de « conseils de correcteurs ». Le document est divisé en 5 à 6 parties qui mettent en valeur les étapes de la réflexion, des rappels du stade de la réflexion sont signalés au fil du sujet.

Analyse des termes du sujet

Rappel « Rapport de Jury » (ESCP 2008)


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« conseil des correcteurs » : On définit toujours les termes une première fois en « eux-mêmes » (définition stricte). Une fois ce travail effectué, on définit les termes les uns par rapport aux autres. C’est de ce travail que découle la construction de la réflexion et la formulation de la problématique.

Mondialisation: Processus de mise en commun des économies, des espaces et des sociétés par une intensification progressive des flux de toute nature, aboutissant à une interdépendance croissante entre les territoires.

« astuce » : On a bien défini le terme de « Mondialisation » en lui-même. Maintenant essayons de préparer le terrain pour essayer de le définir par rapport aux autres termes du sujet…

…le processus de mise en commun inhérent à la mondialisation implique une multiplication des acteurs en son sein (Entreprises, organisations internationales, organisations non gouvernementales, universités et grandes écoles...), ce qui complexifie grandement le processus de prise de décision collective (en plus des intérêts étatiques bien souvent divergents) …

Crise: Moment intense et décisif, qui se caractérise par des troubles de nature économique (Crise des Subprimes en 2008), politique (Crise Irakienne en 2003) ou encore écologique (Naufrage de l’Érika en 1999). À l’image de son étymologie (« krisis » signifie « jugement » en grec ancien), la crise est un moment de décision, qui peut entraîner une « sortie de crise » et un retour à la normale, ou au contraire l’aggravation de la situation critique.

À noter le « S » à la fin de Crises, qui signale la multiplicité des crises possibles (de nature économique, politique, géopolitique, culturelle, écologique…)

Stade de la réflexion : Au vu de notre précédente remarque (après avoir défini « mondialisation »), nous aurions tendance à constater une certaine difficulté des acteurs de la mondialisation à répondre efficacement aux crises. En effet, si la crise nécessite par nature une prise décision, la multiplication des acteurs dans la mondialisation contemporaine rendrait cette réponse plus complexe et plus difficile à construire collectivement.

Cette idée est toutefois déjà bien « élaborée » pour le début de notre réflexion, mais nous pouvons la garder pour une utilisation ultérieure (par exemple pour une troisième partie).

« astuce » : Les « petits mots » (ET, FACE À, ENTRE, DANS…) ont bien souvent une importance primordiale dans l’analyse du sujet. Ils peuvent vous faire comprendre les subtilités

Et : Mise en relation des termes implique une étude réciproque entre « Mondialisation » et « Crises » (Quelles sont les conséquences de crises sur la mondialisation ? Comment les crises sont-elles gérées efficacement dans la cadre multipolaire que suppose la mondialisation ? La mondialisation génère-t-elle des crises ?)

Stade de la réflexion : On pense également ici au fait que la mondialisation peut être à l’origine de crises (accroissement de la compétition internationale qui provoquent des délocalisations vers certains pays émergents par exemple...)

« Depuis les années 1970 » : fait référence aux multiples crises des années 1970 (Crises monétaires, crises pétrolières, crises géopolitiques...). Premières véritables crises de la mondialisation économique depuis 1945. Donne un cadre chronologique.

Stade de la réflexion : On pense ici plus « basiquement » au fait que les structures de la mondialisation contemporaine depuis 1945 semblaient élaborées pour faire face aux crises du monde (mise en place d’un nouvel ordre économique, volonté d’aller vers la stabilité monétaire, exigence de résoudre les crises dans un cadre multilatéral de décision collective).

Cadre spatial : échelle mondiale

Cadre chronologique : Point de départ fixé aux crises des années 1970

Point de départ de la réflexion : (On peut le « piocher » dans tous les « stades de la réflexion », on choisit en général l’idée la plus « évidente », et donc la plus facile à remettre en question.. ce qui fait apparaître un problème matérialisé dans une problématique).

La multiplication des crises (économiques, politiques, géopolitiques, écologiques) semble remettre en question les processus mondialisés depuis les années 1970.

Stade de la réflexion : Le point de départ peut-être notre « a priori » sur le sujet (dûment justifié), la doxa (l’opinion la plus largement partagée), une réponse simple et évidente au sujet… Il constitue une réponse (partielle) à notre future problématique et nous permet donc de faire la transition entre la définition des termes et la recherche de la problématique et du plan (stade de déploiement de la réflexion).

Problématique/Idées de conclusion/Plan

Problématique

« astuce » préalable: On peut prendre une feuille de brouillon et la couper en 3 parties inégales. Une petite partie en haut pour y mettre la problématique, une grande partie au milieu pour y mettre les 3 grands axes du plan exposés très clairement et une partie en bas de page pour mettre les idées de conclusion.

« conseil des correcteurs » : Après la définition des termes du sujet, il convient de bâtir un plan qui répond à une problématique. Cette réponse est rappelée dans la conclusion. Ainsi, plusieurs possibilités s’offrent à nous ici :

  1. Si la problématique est immédiatement « donnée » (majorité des sujets) on l’écrit et on essaye d’y répondre immédiatement dans la partie conclusion pour trouver le plan.
  2. Si la problématique est difficile à formuler, on écrit les premières idées générales qui nous viennent à l’esprit après la définition des termes, à l’instar du point de départ que nous avons mis en évidence à la fin de l’analyse : « la multiplication des crises semble remettre en question les processus mondialisés depuis les années 1970». Ces idées pourront constituer une réponse possible ou une partie de réponse au sujet, c’est-à-dire une « grande partie ». Il sera dès lors plus facile de trouver une problématique par la suite.

Ici, avec le travail effectué en analyse, la problématique serait directement formulable et serait (on peut également se dire que l’on « problématise » le point de départ, que l’on revient sur notre conception « a priori ») :

« La multiplication des crises depuis les années 1970 constitue-t-elle une menace pour les acteurs et les structures de la mondialisation ? »

Idées de conclusion

On répond alors à cette problématique. Cette réponse va constituer nos éléments de conclusion, puisque celle-ci doit systématiquement comporter une réponse concise à la problématique : « S’il semble tout d’abord que les processus mondialisés soient constamment remis en question depuis les crises des années 1970, les structures et acteurs de la mondialisation semblaient toutefois prédisposés à réduire les risques de crises ou du moins faciliter l’élaboration de réponses collectives. Il s’avère finalement que les processus mondialisés ont complexifié et amplifié les crises depuis les années 1970, notamment par la complexité accrue de la prise de décision collective ».

Plan

Rappel « Rapport de Jury » (ESCP 2011)

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Le plan est donc le témoin de notre effort de réflexion en même temps qu’il est une réponse nuancée et progressive à notre problématique (voire l’annonce du plan dans l’introduction rédigée pour s’en convaincre).

Si la réponse à la problématique dans les idées de conclusion a été correctement menée, trouver un plan est plus aisé car vous savez où vous allez (en l’occurrence vous montrez que la mondialisation a changé les modes de réponse aux crises, en amplifiant et complexifiant les crises depuis les années 1970).

Le plan serait donc :

  1. (on va dans le sens du point de départ de la réflexion) S’il semble tout d’abord que les crises successives depuis les années 1970 remettent en question les processus mondialisés…
  2. …les structures et acteurs de la mondialisation semblaient toutefois prédisposés à réduire les risques de crises … (Contrepied du point de départ sans contredire l’essence du point de vue exposé : on signale simplement que l’une des vocations des structures, organisations et acteurs de la mondialisation dans le nouvel ordre mondial était de prévenir les crises.)
  3. … Il s’avère finalement que la mondialisation a progressivement complexifié et amplifié les crises successives depuis les années 1970, actant une sélection des acteurs et des territoires en mesure de répondre efficacement aux crises dans la mondialisation.
Plan détaillé

« conseil des correcteurs » : Chaque partie doit comporter deux à trois sous parties, dans l’idéal de longueurs égales. On peut par exemple faire A) économie/social B) Géopolitique (et éventuellement C) Aspects culturels). Il est aussi assez heureux de donner un cadre historique à la démonstration dans le I) A). Le but est ensuite de donner un exemple par sous partie (au plus deux, afin de ne pas « dissoudre » le propos lors de la rédaction)

  1. S’il semble tout d’abord que les crises successives depuis les années 1970 remettent en question les processus mondialisés
    1. Les crises économiques comme remise en question des processus mondialisés depuis les année 1970.
    2. Exemples : Les chocs pétroliers, la crise des Subprimes.

    3. Les crises politiques comme remise en question des processus mondialisés depuis les années 1970.
    4. Exemples : Les USA et la crise d’Irak, outrepasser les structures de la gouvernance mondiale afin de poursuivre des objectifs particuliers.

    5. Les crises écologiques comme remise en question des processus mondialisés depuis les années 1970.
    6. Exemples : La Chine et l’utilisation toujours croissante du charbon, malgré les initiatives internationales pour le climat. Le retrait des USA des accords de Paris.

  2. les structures et acteurs de la mondialisation semblaient toutefois prédisposés à réduire les risques de crises
    1. Par la mise en place d’un processus d’interdépendance économique à travers l’établissement d’un nouveau système international en 1945.
    2. Exemple(s) : GATT, FMI… Nouvelles structures de la mondialisation à venir, censées prévenir les crises économiques, monétaires et financières.

    3. Par la mise en place d’instances de dialogue visant à prévenir les crises politiques et géopolitiques
    4. Exemple : L’ONU et le conseil de sécurité.

  3. Il s’avère finalement que la mondialisation a progressivement complexifié et amplifié les crises successives depuis les années 1970, actant une sélection des acteurs et des territoires en mesure de répondre efficacement aux crises dans la mondialisation.
    1. Une amplification et une complexification des crises économiques
    2. Exemples : La Crise des Subprimes qui n’épargne aucun pays du globe (alors que l’URSS avait été épargnée par la crise de 1929 pour des raisons évidentes)

    3. Une amplification et une complexification des crises politiques et géopolitiques
    4. Exemples : Des pays émergents à prendre aujourd’hui en compte dans les processus de décision (le Brésil constamment candidat au conseil de sécurité de l’ONU).

    5. Une amplification et une complexification des crises écologiques
    6. Exemple : La nécessaire prise en compte des problématiques des pays en développement ‘nécessité d’exploiter certaines ressources par le truchement de procédés polluants – Bauxite en Guinée...)

Introduction rédigée

Rappel « rapport de jury » (ESCP 2011)

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« Les gens ne voient le changement que dans la nécessité, et la nécessité n’apparaît que dans la crise ». Pour Jean Monnet, la crise pourrait s’avérer salvatrice pour les acteurs contemporains, tant elle serait intrinsèquement liée au changement.

Toutefois, les mutations profondes qu’implique la mondialisation depuis les années 1970 (intensification des échanges de toute nature, processus d’interdépendance entre les territoires) semble en premier lieu prévenir les crises, notamment en réduisant leurs risques de déclenchement ainsi qu’en favorisant les prises de décisions collectives en mesure de répondre efficacement aux crises depuis les années 1970.
En effet, la crise en tant que moment intense, ponctué de troubles de nature politique, économique, géopolitique ou encore écologique, appelle également les acteurs à faire un choix susceptible d’entraîner une « sortie de crise », ou au contraire, une aggravation d’une situation donnée. La recrudescence des crises depuis les années 1970 (avec en particulier les deux crises pétrolières de 1973 et 1979) semblerait dans cette optique remettre en question les processus mondialisés initiés depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Dès lors, la multiplication des crises depuis les années 1970 constitue-t-elle une menace pour les acteurs et les structures de la mondialisation ?

S’il semble tout d’abord que les crises successives depuis les années 1970 remettent en question les processus mondialisés (I), les structures et acteurs de la mondialisation semblaient toutefois prédisposés à réduire les risques de crises (II). Il s’avère finalement que la mondialisation a progressivement complexifié et amplifié les crises successives depuis les années 1970, actant une sélection des acteurs et des territoires en mesure de répondre efficacement aux crises dans la mondialisation (III).s

À retenir - Rappels méthodologiques de base et l’essentiel autour des recommandations du jury

  • Le plus important : définir tous les termes du sujet (on ne rappellera jamais assez l’importance des « petits mots »)
  • L’introduction doit être brève. Lorsque l’on n’est pas extrêmement à l’aise, on peut commencer par définir les termes et ensuite problématiser. Avec de l’entraînement, on peut mêler définition et problématisation comme dans l’exemple proposé.
  • La problématique se doit de reprendre les termes du sujet. Elle met le point de départ de la réflexion sous forme de question.
  • Les sujets sans « ? » impliquent un « décalage des enjeux », entre qualités d’exposition et de réflexion. Ici, une réflexion solide sera le premier critère valorisé alors que sur les sujets formulés en question les qualités d’expositions et de réflexion sont évaluées de manière égales.

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