Résumé du film

The True Cost est un film documentaire réalisé en 2015 qui se concentre sur la fast fashion et ses conséquences sociales, économiques et environnementales. En effet, notre manière de produire et d’acheter des vêtements a considérablement changé ces dernières années. Si auparavant, la mode ne connaissait que quatre collections dans l’année, nous sommes passés à plus de 25 collections pour certaines entreprises telles que H&M ou Zara. Cette production de masse est possible grâce à la sous-traitance dans des pays tels que le Bangladesh, l’Inde ou encore le Cambodge, qui mettent à disposition des ouvriers acceptant de faibles salaires. Toutefois, ce phénomène présente de nombreux défis et le film nous invite à repenser notre manière de consommer afin de préserver notre planète et de permettre aux pays en développement de s’émanciper de ce cercle vicieux.

Comment s’en servir en géopolitique?

Le documentaire est riche et peut vous permettre d’illustrer vos propos dans une copie de géopolitique. Selon moi, vous pourriez aisément vous en servir dans un sujet traitant des multinationales, du développement durable ou encore de la mondialisation inégalitaire. Voici tout ce que nous pouvons en tirer :


  • Les conséquences économiques

  • Désormais, le marché de la mode pèse plus de trois milliards de dollars. La fast fashion a totalement révolutionné notre manière d’acheter. En effet, la sous-traitance permise par la production mondialisée a fait considérablement baisser les prix en raison des bas salaires des pays en sous-développement. Du côté des pays développés, le film analyse la psychologie des acheteurs qui ont tendance à beaucoup plus consommer en raison des bas prix. Or, comme plusieurs intervenants le font remarquer, cela n’a fait qu’appauvrir les consommateurs. Du côté des pays sous-traitants, les salaires sont maintenus à moins de 3 dollars par jour afin d’assouvir les besoins des pays développés. Le documentaire met aussi en lumière la destruction de l’industrie textile locale, en donnant l’exemple d’Haïti qui a abandonné son industrie autrefois prospère et qui se contente de racheter les vêtements qui sont jetés par les Américains . Le capitalisme tel qu’on le connait aujourd’hui avec toutes les critiques qu’il peut connaitre se lit donc clairement dans cette fast fashion qui profite avant tout aux multinationales.

    • Les conséquences sociales

    • Afin de maintenir une fréquence de production satisfaisante et des prix concurrentiels, les pays producteurs tels que le Bangladesh ou le Cambodge font de grands sacrifices sur les mesures de sécurité et sur les conditions de travail. Ainsi, ce sont les plus vulnérables qui font face aux risques de cette économie mondialisée. L’exemple le plus médiatisé et qui a permis une première prise de conscience est la catastrophe du Rana Plaza en 2013. Pour rappel, il s’agit de l’effondrement d’un bâtiment qui abritait des ateliers de confection au Bangladesh. Les patrons avaient recu de nombreux avertissements quant aux risques d’effondrement mais ne les ont pas pris en compte et ont continué à faire travailler des employés pour fournir les marques internationales de vêtements. Le 24 avril, plus de 1000 personnes sont mortes en raison de cette « mondialisation sauvage ».



    De plus, le documentaire dénonce la non-action des États en développement qui maintiennent ces mauvaises conditions et ces bas salaires afin de conserver leurs contrats avec les grandes multinationales. Au Cambodge, une révolte populaire a eu lieu en 2014 afin de demander un salaire minimum de 160$. Les ouvriers du secteur textiles ont été victimes d’une violente répression et le pays s’est alors transformé en véritable champ de bataille.

    • Les conséquences environnementales et sanitaires

    • Cette production de masse demande de grands sacrifices environnementaux. L’Inde est plusieurs fois donnée en exemple, notamment avec la région de Kanpur qui est un grand producteur de cuir. L’intensification de leur production a causé la pollution de la rivière du Gange, dans lequel 50 millions de litres d’eaux usées toxiques ont été rejetées. Ceci a considérablement affecté la santé des habitants qui font face à la contamination de leurs terres et de l’eau potable. Aussi, l’utilisation massive d’OGM afin de produire toujours plus a fait considérablement augmenter le nombre d’anomalies, d’handicaps physiques et de cancers dans la région du Pendjab.

    • Quel avenir pour l’industrie de la mode ?

    • Le documentaire se veut alarmiste et demande avant tout un réveil des consciences des consommateurs. Le but étant de faire naître un nouveau capitalisme qui prend en compte toutes les dimensions du développement durable. Une solution proposée par le film est le commerce équitable, avec l’exemple de People Tree. Pour la fondatrice de la marque, le commerce équitable est une réponse citoyenne pour corriger les inégalités du système commercial international où les ouvriers et les agriculteurs ne reçoivent pas le salaire suffisant et où l’environnement n’est pas pris en compte.

    À retenir :

    En quelques mots : The True Cost analyse le « véritable coût » derrière l’industrie de la mode, avec toutes les implications sociales et environnementales longtemps oubliées par les grandes multinationales.

    Pour aller plus loin :