Avertissement : Essayer de faire le sujet (Analyse des termes, cadre chronologique et historique, problématique, plan détaillé, introduction rédigée et éléments de conclusion) avant de regarder la correction proposée

Résumé de l’article

Cet article a pour vocation de donner un cadre méthodologique appliqué au traitement d’un sujet d’Histoire-géographie et -géopolitique du monde contemporain (pour les ECS). Il est ponctué de Rappels « Rapport de Jury » (afin de rappeler les enjeux de l’exercice), d’ « astuces » (pour les définition, la problématisation, le plan, l’organisation des brouillons et même la rédaction) et de « conseils de correcteurs ». Le document est divisé en 5 à 6 parties qui mettent en valeur les étapes de la réflexion, des rappels du stade de la réflexion sont signalés au fil du sujet.

Sommaire

Analyse des termes du sujet

Problématique/Idées de conclusion/Plan

Plan détaillé

Introduction rédigée

Carte et légende

À retenir - l’essentiel autour des recommandations du jury

Analyse des termes du sujet

Rappel « Rapport de Jury » (ESCP 2008)

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« conseil des correcteurs » : il est donc nécessaire de définir avec précision et rigueur les termes du sujet afin de « cadrer » notre réflexion. Il faudra ensuite définir les termes entre eux pour faciliter la construction de la problématique et du plan.

« Des Hommes » : Ensemble des populations de la planète.

« Des Risques » : Probabilité, plus ou moins élevée qu’un danger vienne menacer le mode de vie et/ou l’existence économique, sociale et politique humaine.

Existence de risques économiques et sociaux, de risques environnementaux, de risques géopolitiques. Le risque environnemental est notamment apparu en partie à cause des activités humaines.

Stade de la réflexion : Si les hommes sont donc évidemment « menacés » par de multiples formes de risques, ils seraient également à l’origine de l’émergence de nouveaux risques qui, paradoxalement, les menacent directement.

« Astuce » : on garde bien ces idées en tête pour l’établissement de la problématique et du plan.



Menace : Signe qui présage un danger, qui constitue l’objet d’une crainte. On se rend compte ici que la notion de menace est déjà présente dans l’idée de « risque ».

« Menaces locales » : Risques qui « menacent » les hommes au sein de leur environnement proche (territoire, ville, région, pays). Ces risques sont donc spécifiques, relatifs au cadre géographique (présence d’une usine/centrale nucléaire dans une région, tensions entre deux États dans une zone géographique)

Stade de la réflexion : On sent qu’il y’aurait a priori une interconnexion entre risques locaux et risques globaux, les risques locaux pouvant prendre une dimension globale (pollution occasionnée par la présence locale d’une centrale nucléaire qui peut vite s’établir à l’échelle d’un continent) et les risques globaux ont évidemment des répercussions locales fortes.

« Menaces globales » : Risques qui menacent les hommes à l’échelle du globe, qui menacent les hommes dans leur ensemble
L’exemple parfait est ici bien sûr les nouveaux risques impliqués par le réchauffement climatique.

Stade de la réflexion : L’une des caractéristiques serait donc un renouvellement constant, sans qu’il soit pour autant « rapide ». Ainsi, aux nouvelles tendances économiques, sociales, environnementales de la mondialisation apparaissent de nouveaux risques locaux et globaux.
(Exemple : Chocs pétroliers --> Plan Messmer qui assure l’essor de l’énergie nucléaire en France--> Émergence du risque nucléaire).

Aussi, il y a donc ici l’idée que les hommes tentent de répondre aux risques auxquels ils sont confrontés.

Cadre Chronologique : On pourrait faire remonter l’intérêt pour l’étude des risques humains avec l’apparition de l’industrie. On commence donc notre étude à partir de la fin de la seconde révolution industrielle (Début du XXème siècle).

Cadre spatial : Échelle mondiale (ce qui n’exclut pas les exemples locaux).

Problématique/Idées de conclusion/Plan

Problématique

Rappel « Rapport de Jury » (ESCP 2013)

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L’exigence d’une problématique relativement « simple » est surtout clairement énoncée est donc capitale pour traiter le sujet. Voyons voir comment l’on peut s’en sortir ici.

« astuce » préalable : On peut prendre une feuille de brouillon et la couper en 3 parties inégales. Une petite partie en haut pour y mettre la problématique, une grande partie au milieu pour y mettre les 3 grands axes du plan exposés très clairement et une partie en bas de page pour mettre les idées de conclusion.



« conseil des correcteurs » : Après la définition des termes du sujet, il convient de bâtir un plan qui répond à une problématique. Cette réponse est rappelée dans la conclusion. Plusieurs possibilités s’offrent donc à nous ici :

  1. Si la problématique est immédiatement « donnée » (majorité des sujets) on l’écrit et on essaye d’y répondre directement dans la partie conclusion pour trouver le plan.
  2. Si la problématique est difficile à formuler, on écrit les premières idées générales qui nous viennent à l’esprit après la définition des termes, à l’instar du point de départ que nous avons mis en évidence à la fin de l’analyse : « Les hommes sont effectivement menacés par des risques multiples, autant aux échelles globales et locales .. ». Ces idées pourront constituer une réponse possible ou une partie de réponse au sujet, c’est-à-dire une « grande partie ». Il sera dès lors plus facile de trouver une problématique par la suite.

Ici, il nous est difficile de dégager une problématique immédiatement formulable. Qu’à cela ne tienne, nous allons reprendre les deux ou trois idées issues de l’analyse des termes et en extraire une problématique.

« astuce » : c’est comme avoir une réponse à une question dont on a pas la formulation exacte. Il est évidemment plus aisé de déduire la formulation exacte d’une question en ayant la réponse que le contraire…



Les trois ou quatre idées fortes (nous les rassembleront plus tard en trois idées bien distinctes) qui ressortent de l’analyse sont donc :

  1. Les hommes sont effectivement menacés par des risques multiples, autant aux échelles globales que locales… (il y aurait ici l’idée que les hommes subissent les risques locaux et globaux)
  2. Les hommes tentent de minimiser ces risques par des initiatives aux échelles locales et globales… (Il y’a des tentatives de réponse à ces risques)
  3. Les hommes participent activement à l’apparition de nouveaux risques qui, paradoxalement, les menacent directement… (Les hommes participeraient activement au renouvellement des risques qui les menacent)
  4. Les risques se renouvelleraient constamment (de nouveaux risques apparaissent, d’autres disparaissent), ce qui complexifie les réponses possibles aux divers types de risques auxquels les hommes sont confrontés.

« conseil des correcteurs » : On se rends compte que les idées trois et quatre comportent toutes deux l’idée de « renouvellement » des risques. On fait donc une synthèse entre les deux idées pour avoir la « grande partie » suivante :

« Une difficulté à mettre en place des réponses qui s’explique par un renouvellement constant et progressif des risques, situation dont les hommes peuvent paradoxalement être à l’origine »

Il convient ensuite de déterminer l’idée « transversale » aux trois parties à partir de laquelle on va pouvoir bâtir notre problématique. on constate alors que nos trois parties sont orientées sur l’efficacité des réponses que les hommes élaborent face aux risques, ce qui donnerait donc :

« Les hommes, regroupés en populations et en sociétés, parviennent-ils à limiter les risques auxquels ils sont confrontés aux échelles locales et globales ? »

Plan et idées de conclusion

Rappel « Rapport de Jury » (ESCP 2011)

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Le plan constituant la réponse à la problématique, et la conclusion devant impérativement répondre à cette même problématique, nous avons ici tous les éléments en main pour faire d’une pierre deux coups.

Ainsi:

  1. « Il semble tout d’abord que les hommes subissent de multiples risques aux échelles globales et locales… »
  2. « ...toutefois, par de nombreuses initiatives à diverses échelles, les hommes tentent de répondre à ces risques.. »
  3. « … enfin, les hommes connaitraient des difficultés à mettre en place des réponses efficientes à la fois aux échelles globales et locales, les risques se caractérisant par un renouvellement constant et progressif, mais aussi parce qu’ils prendraient partiellement leur origine dans les activités humaines. »

À ce stade votre feuille de brouillon suit cette structure : vous avez une problématique, une réponse à cette dernière (qui constitue les grandes lignes de la conclusion) et un plan.

Plan détaillé

« conseil des correcteurs » : Chaque partie doit comporter deux à trois sous parties, dans l’idéal de longueurs égales. On peut par exemple faire A) économie/social B) Géopolitique (et éventuellement C) Aspects culturels). Il est aussi assez heureux de donner un cadre historique à la démonstration dans le I) A). Le but est ensuite de donner un exemple par sous partie (au plus deux, afin de ne pas « dissoudre » le propos lors de la rédaction)

  1. Il semble tout d’abord que les hommes subissent de multiples risques aux échelles globales et locales…
    1. Des risques « naturels » que les hommes subissent
      Exemple : Voltaire et la description du tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Les hommes sont historiquement confrontés aux risques naturels.
    2. Des risques économiques et sociaux que les hommes subissent
      1. Échelle globale
        Exemple : fragilité du système financier mondial, libéralisation croissante depuis les années 1980 : risque accru de crises financières
      2. Échelle locale
        Exemple : les conséquences économiques de tels risques globaux
    3. Des risques géopolitiques que les hommes subissent
      1. Aux échelles locales
        Exemple : l’énergie aux Moyen-Orient..
      2. Qui ont des conséquences globales
        Exemple : qui provoque des crises géopolitiques globales (conflit Israélo-palestinien)
  2. .. toutefois, par de nombreuses initiatives à diverses échelles, les hommes tentent de répondre aux risques..
    1. Répondre aux risques naturels
      Exemple : On peut penser à l’AFPCN (agence française pour la prévention des catastrophes naturelles)
    2. Répondre aux risques économiques et sociaux
      1. des réponses globales
        Exemples : le G20 de Londres après la crise financière de 2008, le glass-steagall act après la crise de 1929
      2. Des réponses locales
        Exemple : La résurgence d’un semblant protectionnisme à l’échelle des États (« Patriotisme économique » de Dominique de Villepin, « Made in France » d’Arnaud Montebourg) ?
    3. Répondre aux risques géopolitiques
      Exemple : la création d’organismes internationaux (SDN, ONU..), d’ONG (Oxfam..) pour répondre aux crises géopolitiques…
  3. … enfin, les hommes connaitraient des difficultés à mettre en place des réponses efficientes à la fois aux échelles globales et locales, les risques se caractérisant par un renouvellement constant et progressif, mais aussi parce qu’ils prendraient partiellement leur origine dans les activités humaines.
    1. Un renouvellement constant des risques aux échelles locales et globales…
      Exemple : L’émergence du risque terroriste. Des populations civiles de plus en plus touchées.
    2. ..auquel les initiatives des hommes ne répondent que partiellement…
      Exemple : Réponse partielle au risque de l’intensification des flux migratoires par l’Union Européenne (une multiplication d’organisations –Frontex, États, commission- qui ne semblent pas arriver à faire face au risque migratoire)

      Référence intellectuelle : Dani Rodrik, The globalisation Paradox. Les hommes ne peuvent relever tous les défis de la mondialisation, et ne peuvent donc faire face à tous les risques qu’elle implique.
    3. ..de nouveaux risques qui prennent leurs origines dans les activités humaines
      Exemple : Le réchauffement climatique et le succès partiel de la COP 21 (retrait des EUA).

Introduction rédigée

La fermeture de « Fessenheim », la plus ancienne centrale nucléaire française, a été a de nombreuses reprises reportée, et les décisions des gouvernements successifs ont été systématiquement critiquées, à la fois par le tissu associatif et le voisin allemand. Les tensions inhérentes au contexte de la sureté nucléaire, notamment après l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, seraient révélatrices de l’importance qu’on prit les risques dans les sociétés contemporaines.

Les sociétés et les populations, aux échelles locales et globales, font constamment face à des risques, c’est-à-dire à des dangers et menaces potentielles pour leurs modes de vie et leur subsistance. Ces risques peuvent être regroupés en différentes catégories : risques économiques et sociaux, risques géopolitiques, risques climatiques et environnementaux. C’est depuis la seconde révolution industrielle que les hommes semblent vouloir répondre aux risques locaux et globaux. Toutefois, la persistance et le renouvellement de risques de nature multiple semblent, associé aux risques d’origine humaine, nuire à l’efficacité des réponses humaines aux risques locaux et globaux.

Dès lors, les hommes, regroupés en sociétés et populations, sont-ils parvenus et parviennent-ils toujours à limiter les risques auxquels ils sont confrontés aux échelles globales et locales ?

Si les hommes semblent tout d’abord subir les multiples risques auxquels ils font face aux échelles locales et globales (I), il apparaît néanmoins que de nombreuses initiatives sont mises en place pour les limiter (II), l’efficacité de ces réponses tendant à être menacée par le renouvellement constant et progressif des risques, tout comme par les activités humaines elles-mêmes (III).

Carte et Légende

Légende

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Carte

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À retenir - l’essentiel autour des recommandations du jury

  • Ne pas hésiter à récapituler nos grandes idées sur le sujet pour trouver une problématique à partir d’une réponse à celle-ci
  • Les sujets sans « ? » impliquent un « décalage des enjeux », entre qualités d’exposition et de réflexion. Ici, une réflexion solide sera le premier critère valorisé alors que sur les sujets formulés en question les qualités d’expositions et de réflexion sont évaluées de manière égales.
  • Problématisation sur un sujet sans « ? » : définir les termes comme à l’accoutumée et s’interroger sur les oppositions entre eux (on définit toujours les termes entre eux).
  • Exprimer clairement et simplement la problématique reste capital malgré la profondeur du sujet (commun au sujet sans « ? »).