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Le texte proposé correspond, comme souvent chaque année, à un extrait de roman relativement contemporain. Essayez donc de vous poser et de le traduire, si possible en conditions (pas de dictionnaire, en environ 30 à 45 min). Cela vous préparera aux réelles conditions de l’épreuve, où il ne faudra certainement pas paniquer devant des mots inconnus ou un texte complètement hermétique.

Voici donc les quelques remarques précédents une correction de la version.

A ) Les difficultés générales du texte

Notez déjà le type de texte auquel vous allez vous confronter : Un ensemble d’événements passés, avec certaines « cérémonies » mémorielles, et des descriptions assez longues. Ensuite :

1) On peut remarquer que certains temps sont difficiles à traduire en français. Il y a également des hésitations possibles entre imparfait, passé simple (qu’il faut connaître !) et conditionnel.

2) Les phrases sont longues, ce qui est assez rare pour l’anglais — Qui préfère généralement des phrases courtes, concises et efficaces.

3) Comme chaque année, le document comporte quelques termes techniques et relativement peu connus. Si vous les connaissez, c’est génial. Sinon, pas de panique, le but du jury est de voir votre capacité à vous adapter. Essayez donc de toujours tenter quelque chose, et de ne jamais omettre un passage du texte — Très lourdement sanctionnée. Un faux-sens ou un contresens sont toujours mieux qu’une omission. Enfin, votre tentative, bien qu’imprécise ou incorrecte, montrera au correcteur votre détermination. Toutefois, évitez les choses loufoques et proposez une traduction logique par rapport au texte.

B) Le vocabulaire

Quelques expressions et quelques mots peuvent poser problème, mais rien de véritablement difficile pour ceux qui ont l’habitude de lire des romans en anglais.

On peut toutefois préciser le sens des mots suivants :
Reedy : Fluette, nasillarde
Straggly : hirsute, désordonné
An oak sideboard : un buffet en chêne
Posies of gentian flowers : Un petit bouquet de gentianes (ces fleurs ne sont pas connues par tous les candidats).

Autre petit point qui peut questionner : le « Mutti » (Maman en allemand). Doit-on le traduire ou le laisser tel quel? Pour notre corrigé, nous l’avons laissé intact, en notant que le « Mutti » permettait de donner davantage de véracité au texte, puisque celui-ci a lieu en Suisse. Pensez souvent à cette véracité quand vous traduisez.

C) Une possibilité de correction réalisée en conditions

À l’âge de cinq ans, Gustav était sûr d’une seule et unique chose : il aimait sa mère.
Gustav appelait Emilie Perle « Mutti ». Elle serait « Mutti » durant toute la vie de Gustav, même quand ce nom commencerait à lui sembler enfantin : sa Mutti à lui tout seul, une femme maigre à la voix nasillarde, aux cheveux désordonnés et ayant une démarche hésitante lorsqu’elle passait d’une pièce à l’autre dans le petit appartement, comme si elle était effrayée de découvrir entre deux espaces, des objets, voire même des gens qu’elle ne s’était pas préparée à rencontrer.
Dans le salon, sur un buffet en chêne se tenait la photographie d’Erich Perle, le père de Gustav, qui avait péri bin avant que Gustav ne soit suffisamment âgé pour se souvenir de lui.
Chaque année, le 1er Août, le jour de la fête nationale suisse, Emilie déposait un petit bouquet de gentianes tout autour de la photographie, faisait s’agenouiller Gustav devant l’image et le faisait prier pour l’âme de son père. Gustav ne comprenait pas ce qu’était une âme. Tout ce qu’il pouvait voir, c’était qu’Erich était un bel homme au sourire confiant, vêtu d’un uniforme de police aux boutons brillants. Alors, Gustav décidait de prier pour ces boutons afin qu’ils ne perdent pas de leur éclat et pour que le fier sourire de son père ne disparaisse pas au fil des années.
Chaque année, Emilie rappellerait à son fils que son père « était un héros ». « Je ne le compris pas immédiatement […]. C’était un homme bien dans un monde pourri. Si jamais des gens viennent te dire le contraire, alors, ils ont tort ». Parfois, les yeux fermés et les mains jointes, elle marmonnait d’autres choses dont elle se souvenait concernant Erich. Un beau jour, elle déclara que « c’était trop injuste », que « justice n’a jamais été rendue », et qu’elle « ne le sera jamais ».