Coaching

Coup de gueule : ces phrases assassines que prononcent les profs

Disons-le d’emblée : la grande majorité des profs et directeurs de prépa n’est pas concernée par ce coup de gueule. Mais il y a une fois de plus, des comportements d’enseignants qui me révoltent. Afin d’éviter les procès et les droits de réponse vains, je ne donnerai évidemment aucun nom.

Début janvier, la prof principale d’une grande prépa publique de province vient de lancer à sept étudiants d’une même classe (dont une étudiante que MyPrepa accompagne) : « le corps professoral ne croit pas en votre potentiel et il faut sérieusement songer à une réorientation ». Cette analyse devrait choquer tout le monde, y compris les profs de l’Education nationale, pour au moins deux raisons :

– elle a d’abord été prononcée à des étudiants de première année qui n’ont fait que 4 mois de prépa ! Comment juger du potentiel d’un étudiant en à peine 4 mois. Mon histoire personnelle ainsi que celle de nombreux étudiants que MyPrepa accompagne depuis des années sont là pour s’inscrire en faux contre ce genre d’analyses hâtives.

– Elle sabote ensuite le moral des étudiants concernés, ce qui est criminel en prépa. Les profs devraient être, certes, très exigeants, mais aussi d’une bienveillance extrême pour aider les étudiants à supporter le choc de la prépa.

D’aucuns diront que cela permet de tester le mental de l’étudiant mais, pour ma part, je pense qu’on a le devoir d’aider les étudiants à surmonter les difficultés dans un contexte où le bac est donné et les revers académiques quasi inexistants jusqu’en prépa. Les étudiants sont indéniablement plus fragiles, moins préparés et plus impatients que jamais (effet collatéral d’Internet…). La mission de l’enseignant doit donc, elle aussi, évoluer. Transmettre le savoir ne suffit plus. Il faut aussi faire preuve d’un savoir-faire psychologique, d’un « savoir-aider ».

Au lieu de cela, certains profs ou directeurs de prépa déversent encore leurs paroles assassines sans sourciller. Petit florilège d’horreurs prononcées et que les étudiants m’ont relatées pendant mes vingt années d’accompagnement :

– « si vous avez encore un peu de temps, vous pouvez toujours aller à la chapelle (près du lycée) pour prier, vous en aurez besoin ». Ou encore, par le même enseignant : « Pourquoi n’essayez-vous pas de draguer un polytechnicien ? Ce sera certainement votre meilleure façon de réussir… ». Ou bien : « on sait que vous n’êtes pas bonne en maths, donc je vais vous donner un exercice facile… »

– « vous souhaitez vous présenter à HEC ? Ah, ben c’est une bonne nouvelle, je vais me présenter aux concours de Miss Monde alors ! »

– « Sofia aura beau prier son Allah, elle n’intègrera jamais une grande école ». Sofia a eu HEC…

– « Si vous n’avez pas la moyenne à ce devoir, ne m’adressez plus jamais la parole ». Cette phrase m’a littéralement scotché ! La mission de l’enseignant n’est-elle pas d’adresser la parole aux étudiants en difficulté ? En substance, ce prof affirme : « je n’adresserai la parole qu’à ceux qui n’ont pas besoin de moi ! »

La Palme d’Or revient sans doute à un directeur de prépa, réputé pour ses écarts, qui lança récemment à l’un de mes étudiants : « En voyant vos résultats lamentables, vos grands-parents doivent se retourner dans leur tombe. Que direz-vous à votre femme lors des déjeuners de famille lorsqu’elle ne pourra pas exhiber le même sac Hermès que la femme de votre frère, admis à HEC ? ». Quelques années plus tôt, ce directeur lançait déjà à la mère de l’un de mes étudiants : « votre fils est un autiste ». Il a eu l’EM Lyon mais il aurait pu sombrer face à autant de cruauté.

Très chers lecteurs, j’espère que vous ne rencontrerez pas ce genre d’énergumènes mais si tel est le cas, relisez cet article. Lisez également « Mindset : how you can fulfill your potential » de Carol Dweck qui vous montrera que l’intelligence s’acquiert (concept de « growth mindset ») et que les progrès sont toujours possibles si l’on a le bon état d’esprit.

Je terminerai par cette petite phrase assassine prononcée devant toute la classe par l’un des profs d’Alain Sotto, psychopédagogue de renom : « Sotto, va au tableau, tu auras toujours zéro ».

Laisser un commentaire