Non classé

Entretien-choc : Ken LeCoutre, admis à l’ESSEC et major du lycée Masséna (Nice), donne son avis sur ses années « prépa »

Par 22 septembre 2014 juin 15th, 2021 Pas de commentaires

Voici une interview qui risque de bousculer le petit monde ordonné de la prépa HEC. En lisant ce blog, vous saviez déjà que passer d’un C.A.P à HEC était envisageable (voir article sur le portrait d’Adrien). Dans l’interview qui suit, Ken, l’une des grandes surprises de cette année, nous livre les secrets de son intégration à l’ESSEC. Intégration qui, vous le lirez, était loin d’être acquise… Initialement, je ne voulais pas divulguer son prénom si particulier, Ken, ni le nom de sa prépa, le lycée Masséna (Nice), mais il a tenu à donner son avis et son témoignage en toute transparence. Au risque de ne pas plaire à tout le monde, j’ai choisi de respecter sa volonté. Ses propos n’engagent que lui mais le tout est diablement intéressant. Bonne lecture !

Avant de rentrer dans le détail des questions par matières, qu’as-tu envie de dire aux étudiants de prépa HEC qui, tout comme toi quelques mois plus tôt, éprouvent de grosses difficultés dans plusieurs matières, dont les maths ?

Tout est possible. Vraiment. Etre mauvais, avoir des difficultés, être dans une prépa moyenne et intégrer l’ESSEC, c’est visiblement jouable.

Pour les maths, je me souviens encore de la boule au ventre qui me prenait à chaque fois que je démarrais un exercice en première année. A force d’échouer, j’avais ancré en moi un sentiment d’infériorité qui me blessait physiquement. Dès lors, comment s’en sortir dans une formation ou 1/3 des coefficients jouent sur les maths, quand on ne peut pas commencer un exercice de maths sans avoir la certitude que l’on n’y arrivera pas ?

Personnellement, j’ai eu un déclic, qui a changé ma vision des maths. Le déclic, c’est d’avoir réussi un exercice un jour. Etais-je devenu plus intelligent subitement ? Non. En fait, j’avais fait le même exercice la veille. Mais quoi qu’il en soit, le simple fait de voir que ma réponse était conforme au corrigé m’a donné une monté de dopamine incroyable. J’ai alors compris qu’il fallait voir les maths comme un jeu vidéo ou un sport. Un jeu vidéo car vous avez un niveau à passer, ou un boss à terrasser (le problème), et pour ça vous avez des armes à votre disposition (les théorèmes). Un sport car pour bien manier ces armes, il vous faut les manier souvent, et s’entrainer régulièrement.

C’est jouable, et d’ailleurs, tout ceci n’est qu’un jeu.

Quel était ton niveau initial avant de rentrer en prépa ? Quelles notes avais-tu décroché au bac, quelle mention ?

Avant de rentrer en prépa, je m’étais reposé sur mes lauriers au lycée… jusqu’à ne plus du tout avoir de lauriers. Et je me suis retrouvé en difficulté en première et en terminale, surtout en maths. Je suis même passé de justesse en Terminale à cause d’une pauvre moyenne de 7 en maths. Malgré mes efforts, je n’ai pas réussi à relever la barre en terminale. J’ai même eu peur de ne pas avoir un dossier assez bon pour entrer en prépa. Grâce à un quelques coups de bols DS d’histoire, et un niveau correct en langue, j’ai été pris in extremis à Masséna à Nice.

Pour le BAC, je voulais changer la donne. J’ai pris les choses en main, et je me suis fait confiance. J’ai donc séché 3/4 des cours du dernier trimestre, malgré la pression de mon lycée, des menaces de l’administration, je n’aurai jamais eu le temps de me remettre à niveau sinon. En développant mes propres méthodes et un emploi du temps au cordeau, j’ai surpris tout le monde en ayant la moyenne du BAC de mon lycée en section S, avec une très large mention TB.

Et cette expérience a été cruciale pour ma réussite en prépa car cela m’a apporté la confiance en moi nécessaire, et surtout, j’ai appris que suivre son propre plan est parfois une bien meilleure idée que de rester sous le giron des professeurs, qui n’ont pas toujours l’intelligence du concours. Comptez sur vous même, et considérez que les professeurs sont éventuellement là pour vous aider plutôt que de vous reposer sur eux. Vous seul pouvez mettre en place les stratégies pour que chaque minute de travail soit utile DANS 2 ANS !

Lors des premiers mois de prépa, quelles étaient tes notes dans toutes les matières et par rapport à la classe ?

J’étais généralement moyen (dans le 2ème Tiers du classement) dans les matières littéraires. Même en allemand, où je me considérais assez bon, je plafonnais un peu en dessous de 9. Seule l’histoire me sauvait vraiment, car j’ai toujours eu un intérêt très élevé pour cette matière, et mes notes me le rendait bien (10ème au premier DS, puis 1er sur les 3 suivants). En maths, je souffrais beaucoup. Beaucoup. 43ème sur 46 tout au long du premier semestre. Après 4 DS en dessous de 3/20, le moral périclite. J’ai clairement sacrifié la philo et la CG pour gagner du temps en maths. On parlait de stratégie, ici c’était très clair : si je ne décollais pas très rapidement en maths, je ne passerai pas en 2nde année. Après plusieurs 2 en philo, le prof a même demandé mes notes de lycée à l’administration pour savoir « si je savais écrire »…

Encore une preuve que vous devez parfois tenir sous la pression de vos profs et de l’administration pour tenir le cap et rester fidèle à votre stratégie moyen et long terme.

En résumé : moyen partout (dans une classe moyenne d’une prépa pas géniale), et très mauvais en maths.

Comment as-tu fait pour faire de tels progrès en maths alors que ton niveau initial t’inquiétait terriblement ? Raconte-nous également cette certitude que tu avais peur de ne pas avoir la moyenne aux maths des parisiennes alors qu’au final, tu as eu la moyenne partout !

En maths, je ne voyais pas le bout du tunnel, et aucune des méthodes que j’ai essayé de mettre en place ne marchait. J’avais l’impression de n’avoir absolument aucune mémoire pour les maths. Pire, j’avais essuyé tellement d’échecs en maths que j’avais une grosse boule au ventre à chaque fois que je me mettais à mon bureau pour en faire. J’avais besoin d’aide et d’une ligne de conduite. J’ai donc fait appel à toi, Olivier Sarfati ! Ce premier stage de vacances m’a ouvert les yeux sur les réelles attentes du concours et des méthodes à adopter. Moi qui avais l’habitude de toujours jouer selon mes propres règles, j’ai tout de suite vu la pertinence et la qualité de méthodes MyPrepa. Je les ai donc adoptées aveuglément, en particulier en maths. Très très vite, les tests de la page blanche sont devenus une routine, et de me faire les dents plusieurs heures par jour sur les exercices plutôt accessibles (et corrigés) du Rondy m’a redonné confiance en moi. Et en effet, en connaissant le cours sur le bout des doigts en faisant des rappels de cours systématiquement et en refaisant régulièrement (le week-end) les mêmes exercices, 3, 4, 5 ou même 10 fois, j’ai réussi à avoir des notes correctes et au-dessus de la moyenne aux Parisiennes, et très bonnes à l’EM et à l’EDHEC.

En histoire-géo, tu me disais que ton travail était très limité. Peux tu nous en dire plus sur ta méthode, tes sources, bref les secrets qui t’ont permis d’atteindre un double 17/20 à HEC et à l’ESSEC, si rare aux concours ?

Très limité en effet, puisque je travaillais l’histoire-géo 4h par semaine en moyenne, ce qui ferait sauter au plafond beaucoup de gens qui font même parfois l’erreur de travailler cette matière autant sinon plus que les maths !
Déjà, il faut rapidement comprendre que c’est sûrement la matière où il est le plus tentant de se disperser. Les profs, en tentant d’être en permanence exhaustifs sur tout n’aident pas, et ajoutent à la colossale masse d’information disponible. On finit vite noyé.

Personnellement, ma méthode a été loin d’être optimale en première année, je faisais des fiches sur le livre horrible (Benichi pour les intimes) que le prof voulait que l’on connaisse pour les khôlles. Je retenais des détails comme le nom de l’amiral (Perry), qui a forcé l’ouverture du Japon sous l’ère Meiji… Ou encore la date de la charte d’Amiens… C’est super intéressant niveau culture générale pour les fans d’histoires (dont je fais partie), mais dans l’optique du concours, c’est une perte de temps et d’énergie inutile. Quand j’ai compris ça, j’ai changé de stratégie. Et ça a été radical :

  • Je ne travaillais plus selon le planning de Khôlles, et ne révisais JAMAIS un DS.
  • J’ai fiché le Bardot (donc les 2 ans du programme) en un mois, dans les grandes lignes pour savoir de quoi je parlais. L’important ce n’est pas de connaître le nom de toutes les organisations régionales Africaines et leur date de création, mais plutôt de connaître les 2 plus importantes et de savoir quel rôle elles jouent dans le développement de la zone.
  • Je me suis fait des fiches d’exemples marquants que j’apprenais par cœur, avec les petits détails qui font la différence. Personnellement, je ne suis pas fan de chiffres et de dates, mais je pense que quelques noms d’ouvrages bien dans le contexte donnent de la prestance à une argumentation. J’ai donc fait une liste de titres et d’auteurs, ou même de petites citations, qui pouvaient passer un peu partout, puis je m’assurais d’avoir au moins 3 ou 4 titres pour chaque grande zone géographique (Europe, Amériques, Moyen-Orient…). Dans mes copies, j’ai réussi à mettre 2 titres d’ouvrages par partie. Bien sûr, je n’ai jamais lu ces ouvrages, ou bien seulement un petit résumé Wikipédia… mais ça fait classe !
  • J’ai insisté sur l’actualité en retenant par cœur des faits d’actualité qui peuvent servir dans plusieurs contextes. Mais ici encore, pas le temps de lire la presse en long en large et en travers. Quelques éléments clés tirés de ton ouvrage, « Le meilleur de l’actualité », ont largement fait l’affaire.
  • Ensuite, je pense que la majorité du travail se fait devant la copie. Il faut être à cheval sur la « scientificité » de l’argumentation. C’est-à-dire que le travail du plan doit être intense (attention à ne pas faire compliqué pour rien cependant) et la logique d’enchainement des parties doit être visible. Personnellement, j’aime bien faire des plans en trois parties mais qui ne sont qu’une seule grande réponse découpée en trois, comme ça la cohérence et l’articulation des parties va de soi.

En anglais, lors des reprises de copie que nous avons faites ensemble en anglais à quelques mois du concours, le niveau n’était pas encore concluant. Peux-tu nous dire comment tu as fait pour décrocher plus de 15 aux concours et plus généralement environ 14,5 de moyenne dans les deux langues ? Tes conseils sur l’allemand sont les bienvenus !

J’ai beaucoup travaillé les langues durant ces deux ans. Pour 1h de maths, je faisais 3/4 d’heure d’allemand (LV1) et ¼ d’heure d’anglais (LV2). Je mettais le paquet sur les thèmes au quotidien, et utilisait une application appelée BRAINSCAPE pour réviser quotidiennement le vocabulaire. J’ai donc appris près de 4000 mots nouveaux en allemand, et 2000 mots nouveaux en anglais sur deux ans. J’ai appris par cœur le « mot pour dire », avec des listes de mots de la vie courante, mais qui donnent tant de difficulté en thème et version. Je suis donc assez fière d’avoir retenu le mot « starch », en anglais (non, ce n’est pas de l’allemand ahah !), qui était le dernier mot de la version LV2 et qui signifie « amidon ». Toutefois, il s’agit de ne pas se perdre en apprenant des mots franchement inutiles comme smoldering. Mais je me disais qu’après deux ans de prépa, ne pas savoir dire « rideau », « marteau » ou « chêne », ce ne serait pas normal.

Après, pour les essais, ma technique a été franchement bourrine. Mais j’ai lu une méta-analyse qui concluait que les gens qui ont fait le plus de par cœur durant leur jeunesse ont le moins de risque d’avoir Alzheimer plus tard. Alzheimer c’est pas cool, donc je me suis lancé dans un marathon de par cœur, en apprenant des paragraphes entiers, en allemand et en anglais sur tous les grands thèmes de l’actualité et de la civilisation. Il faut s’y prendre un peu à l’avance pour apprendre près de 30 pages de texte par cœur, mais après, vous avez un répertoire d’idées et de jolies phrases adaptées à n’importe quelle situation. Pour faire ça je me suis enregistré sur un léger fond sonore de musique baroque (le tempo du baroque correspond presque à la longueur d’onde des ondes alphas du cerveau), et je me passais les paragraphes en boucle pendant mes temps de trajets… pendant 1an.

Venons-en au clou du spectacle : la culture générale ! Tu as été, de loin, le plus respectueux de la méthode que je propose à mes étudiants et aux lecteurs des « Secrets pour intégrer HEC ». Peux-tu nous en dire plus sur la construction de cette dissertation type qui t’a permis de décrocher 19, 18 et 13 aux concours BCE (soit près de 17 de moyenne) ? Ouvrages clés ? Sources de tes références ? Nombre de pages de ta dissertation au final (ndlr : au départ, Ken a construit une dissertation de plus de 16 pages et je lui ai demandé de réduire…) ?

Haha, cette dissertation, je vais mettre du temps à l’oublier ! En effet la technique était de faire une dissertation parfaite qui répondait en trois parties à la question : qu’est ce que l’espace ?

Je n’ai pas eu peur de paraître très abscons dans mon vocabulaire et je me suis beaucoup aidé du petit livre de F.Laupies pour répondre à cette question qui paraît simple, mais à laquelle je ne suis toujours pas sur de la réponse !
J’avais donc trois définitions possibles et évolutives de l’espace. Je disais donc que :

  • En apparence, l’espace c’est un milieu absolument déterminant pour les étants et qui applique sur eux une prégnance inexpugnable par son antécédence. (oui, ça fait son petit effet)
  • En réalité, l’espace est relatif aux étants en lui, qui le tissent en entretenant des rapports de réciprocité constitutifs.
  • En vérité, l’espace est condition absolue de l’avènement d’une Grâce qui le caractérise.

Bref, ça demande un peu de réflexion, et de ne pas avoir peur des mots.

Ensuite, le travail sur la copie était simple (15-20 minutes) mais intense car l’introduction est la partie qui doit donner la sensation que vous avez trituré le sujet en profondeur. Définissez bien tous les mots, trouvez les connexions entre eux, et ramenez ça à votre plan. Il faut alors trouver les conséquences de vos 3 définitions sur le sujet. Si le sujet est « ouvrir l’espace », alors je me demandais :
« Si l’espace est défini comme un milieu absolument déterminant pour les étants et qui applique sur eux une prégnance inexpugnable par son antécédence (définition 1), alors que signifie « l’ouvrir » ? Et alors, on explique que pour que ce milieu s’ouvre, il devient logiquement un tissu de relations réciproques (définition 2) etc. »

Le petit secret pour être sur de ne pas être trop en décalage par rapport au sujet est de replacer les mots exacts du sujet en permanence. Comme ça vous donnez le sentiment au correcteur que vous collez complétement au sujet et que vous ne réfléchissez qu’à partir de ce sujet, et pas que vous récitez un cours ou un texte appris par cœur… alors que c’est précisément ce que vous faites ! Je n’avais pas peur d’être un peu lourd, et je replaçais donc les mots du sujet au moins dans une phrase sur deux.

Une fois la trame de cette dissertation obtenue (et elle a évolué au fil de l’année), j’ai voulu trouver des exemples d’une extrême originalité. On oublie les manuels de philo de prépa, et on cherche des perles. J’en ai trouvé un peu partout, dans le Laupies, dans le cours de mon prof de première année, dans ma bibliothèque personnelle, dans des dissertations de concours sur des thèmes totalement différents (le passage sur Le festin de Babette qui occupe la moitié de ma partie 3 est emprunté à la dissertation sur la société de l’inventeur de cette méthode de la dissertation parfaite).

Le clou du spectacle était bien sur un petit poème à la fin de la dernière partie, appris par cœur comme en maternelle ☺ ! Encore une fois… laisser une bonne impression.

Enfin, il va de soit que j’apprenais tout ça (20 pages au début, mais je l’ai réduite à 15) par cœur, en faisant ma balade du samedi soir sur la promenade des anglais, le casque aux oreilles…

Sur la contraction de texte et la synthèse de textes, as-tu des choses à nous dire ?

Pas grand chose, car ce sont des exercices de bon sens à mon avis, où le mieux est encore de rester le plus simple possible. Ecrivez dans un français correct (je suis fan du Projet Voltaire pour perfectionner son orthographe et sa grammaire rapidement sur le net). Ensuite, bien veiller à ce que votre rendu soit cohérent, se suffise à lui même et à bien utiliser les liens logiques forts : MAIS, OU, ET, DONC, OR, CAR…

Encore une fois, restez simple.

Lors des entretiens de personnalité, tu t’es également largement distingué avec des notes assez exceptionnelles presque partout. Peux-tu nous dire ce qui, à ton avis, t’a permis de faire la différence sur cette épreuve décisive de l’oral ?

J’ai une passion originale : la nutrition. En plus d’être originale, elle est en général assez méconnue. J’ai donc pu rentrer dans le détail de cette passion et montrer que j’avais envie de lancer une boite en rapport avec la santé et la prévention. Cela montre en même temps mon engagement et mes valeurs morales.

Après, il n’y a pas de secrets : être souriant, bien insister sur le pourquoi on a choisi cette école en particulier, et raconter en quoi vos expériences professionnelles, vos voyages et vos passions sont reliés plus ou moins directement avec votre fil rouge, votre passion ou votre rêve.

Plus généralement, j’ai observé pendant ces deux années à tes côtés ton incroyable capacité de travail, ta volonté d’optimiser le temps et ton « addiction » pour l’iPad et les multiples applications qui permettent d’améliorer la productivité. Peux-tu nous en dire plus sur ces différentes « qualités » ?

En début de prépa, j’étais mauvais, et j’avais du retard pris au lycée à rattraper. Il me fallait donc une organisation de combat, et un une discipline de samouraï.
Pour ça, des outils m’ont été d’une aide précieuse :

  • mon calendrier iCal, qui me rappelait ce que j’avais prévu de faire, heure par heure, et à qui j’obéissais scrupuleusement, jour et nuit, week-ends compris.
  • mon iPad, qui m’a permis d’utiliser des applications géniales comme BRAINSCAPE, PZIZZ pour la sieste, ou encore d’avoir les polys de Myprepa sous la main en permanence avec DROPBOX.
  • Un casque anti-bruit pour pouvoir rentrer dans « ma zone » n’importe où et n’importe quand.
  • Un masque de sommeil et un oreiller de nuque, pour pouvoir piquer un somme n’importe-où. (à l’instar de Napoléon, d’Einstein et de J.Chirac, je suis un fan de sieste, et j’en faisais une quotidiennement sur ma table dans la salle de classe).

J’avais donc mes petites routines. Par exemple, je n’avais qu’une heure entre midi et deux pour manger. Mais une heure, c’est quand même 3 fois 20 minutes ! En ayant préparé mon repas dans un Tupperware la veille, j’optimisais mon temps en restant dans la salle de classe et en scindant cette heure ainsi : 20 minutes pour manger, 20 minutes de sieste, avec mon casque anti-bruit, mon masque et mon oreiller et PZIZZ, puis 20 minutes de révisions de vocabulaire d’allemand !

A l’instar de Rousseau, je considère que nous ne sommes libres que lorsque nous sommes sous le joug que de notre propre volonté. J’ai trouvé ça très vrai en prépa, car bien que mon planning hebdomadaire hyper pointu me demandait près de 80h de travail, le fait de ne jamais avoir à stresser quant au DS ou à la kholle du lendemain (puisqu’aucune plage horaire n’était réservée à ces révisions sur mon plan) libère considérablement l’esprit. Je savais à tout moment où j’en étais et ce que j’allais faire après cela. Pas d’imprévu, le plan est sacralisé, et un DM surprise passerait à la poubelle plutôt que de le perturber.

Après, sous ces aspects assez spartiates, il faut garder en tête que votre santé et votre niveau d’énergie déterminent votre réussite à long terme. J’avais donc un planning de repas, de yoga, de siestes que je suivais aussi scrupuleusement.

Des chercheurs suédois ont prouvé que nous n’avons qu’une quantité limitée d’énergie pour prendre des décisions chaque jour. Je planifiais donc même mes repas 1 mois à l’avance, selon les connaissances en nutrition les plus poussées d’aujourd’hui (pas de laitages, pas de céréales, pleins de légumes et fruits, des œufs, du poisson, des tubercules, du thé, des oléagineux etc.).

Enfin, quand je sentais le burn-out approcher (c’est arrivé quelques fois), je m’autorisais à prendre le week-end en entier. Je n’ouvrais pas un cahier du vendredi soir au lundi matin, et je partais à la plage, je voyais ma copine etc, pour revenir frais et déterminé.

Peux-tu nous en dire plus également sur tes relations avec tes professeurs de prépa ? Je sais que tu adorais ta prof de maths de seconde année mais que tu avais plus de difficultés avec certains. Ton témoignage sur ce point est important car il montre que l’on n’est pas obligé d’adhérer avec la pédagogie de tous les profs pour intégrer… Il faut parfois savoir désobéir… Raconte-nous un peu ce parcours tumultueux avec le corps professoral de ta prépa pendant les deux années.

Comme je le disais au début, je pense qu’il faut supporter la pression des professeurs (et de l’administration) quand vous ne suivez pas leur ligne directrice. J’ai été convoqué, menacé de renvoi car je séchais la philo et la CG (les profs étaient, de l’avis de tous, d’un niveau misérable). En effet, de quel droit m’obligerait-on à perdre 6h par semaine pour assister à des cours d’un piètre niveau, et qui ne m’apportent rien de plus dans l’optique des concours, alors que je suis déjà organisé à la minute près, et que 6h par semaine, c’est tout de même une nuit de sommeil en plus ! Vous avez vu ce que je peux faire en 1h, alors imaginez le levier que représentaient 6h hebdomadaires supplémentaires !

Je ne dis pas que de tenir cette pression est facile. Personnellement, j’ai la chance d’avoir une forte confiance en moi et de faire du yoga quotidiennement. Cela m’a aidé à faire fi des menaces et du regard méprisant des profs et de certains camarades… d’ailleurs, je suis le seul Kharré à avoir intégré une Parisienne cette année, avec le meilleur classement de tous… Donc il faut s’accrocher.

Pour finir, tu es l’un des premiers à avoir eu la chance de suivre les cours sur la LiveClass de MyPrepa, t’évitant ainsi de venir à Paris pour suivre les formations MyPrepa. Peux-tu nous en dire plus sur la LiveClass ?

C’est absolument génial. L’économie de temps et d’argent est considérable. Venir à Paris pour tes cours de maths était à chaque fois une super expérience car on ressortait de là le moral gonflé à bloc, la tête pleine d’astuces et de conseils qui nous faisaient vraiment progresser efficacement. Avec la LiveClass, j’ai eu la même sensation, mais cette fois pas besoin de prendre le train, de payer un hôtel à Paris, de perdre du temps dans les transports etc. On est directement pris par la main chez soi. La qualité du logiciel est assez bluffante, et avec la tablette graphique et un écran, les cours se déroulaient sans problème.
L’autre énorme avantage de cette formation, est que le professeur peut voir ce que vous écrivez en temps réel, et donc avoir une véritable compréhension de la manière dont vous réfléchissez et écrivez. Dès lors, il peut comprendre ce qui ne va pas et vous aider de façon hyper-personnalisée.

As-tu des choses importantes à rajouter (conseils ?) que l’on n’aurait pas abordées ensemble lors de cet entretien ?

Un dernier conseil : prenez du plaisir. Vous êtes jeunes, beaux, en pleine santé, intelligents, et tout ce que l’on attend de vous c’est que vous soyez encore plus intelligents et que vous développiez des qualités intellectuelles qui vous serviront toute votre vie. Dans le monde dans lequel on vit, il y a pire comme situation !

Ken, merci pour ton incroyable persévérance qui font de toi l’une des grandes réussites de cette année.

N’hésitez pas à contacter l’équipe My Prepa disponible pour vous grâce à des stages première 1ère S ou ES ou des stages en terminale S ou ES.

Et voici pour finir son relevé de notes aux concours :

Ecrit
Contraction de texte HEC 13
Synthèse de textes ESCP Europe 18
Langue vivante I CCIR Allemand 13,7
Langue vivante II CCIR Anglais 15,2
Langue vivante I IENA Allemand Absent
Langue vivante II IENA Anglais Absent
Diss. culture générale HEC 19
Diss. culture générale EMLyon 13
Diss. culture générale EDHEC/ESSEC 18
Mathématiques S HEC 10,1
Mathématiques S ESSEC 12,5
Mathématiques S EMLyon 16
Mathématiques 2 S CCIR 10,4
Mathématiques S EDHEC 18,4
Hist.-géo., géopolitique ESSEC 17
Hist.-géo., géopolitique ESCP Europe 17

Laisser un commentaire