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Le Concours Corrigé : Analyse Ecricome Culture générale 2019

Par 17 février 2020 février 21st, 2020 Pas de commentaires

Vous êtes devant votre brouillon. Les surveillants de la salle d’examen de l’épreuve de culture générale Ecricome 2019 vous donnent le feu vert pour découvrir votre sujet.

« Mémoire et répétition »

En 2019 comme les années précédentes, la première épreuve de culture générale des concours pour les prépas des grandes écoles de commerce s’avère extrêmement classique avec un sujet attendu. Pour pouvoir se démarquer sur un sujet aussi classique, on pouvait faire appel à une grande variété de références, mais aussi et surtout, il faudra être rigoureux dans l’analyse du sujet pour élargir autant que possible le champ de la réflexion et de dévoiler les multiples réalités qui peuvent se cacher derrière l’idée de « répétition ».

C’est précisément ce que l’on va faire dans cet article. Puisqu’il ne saurait y avoir, contrairement à une épreuve de mathématiques, de « correction » de l’épreuve de culture générale, on se contentera d’analyser le sujet « mémoire et répétition » et de révéler toute la complexité du sujet en explorant ses multiples facettes.

Tout d’abord, il s’agit de faire remarquer que le sujet est construit autour de la très classique conjonction de coordination « et » qui interroge donc le lien entre les deux concepts.
Le « et » suppose aussi logiquement une association, et donc aussi une distinction qu’il s’agit parfois de remettre en question. Par exemple, sur un sujet comme « ma mémoire et moi », le « et » induit une distinction entre ma mémoire et moi qu’il convient d’interroger car il s’agit d’un a priori du sujet qu’il faut justement pointer du doigt et de ne pas accepter en tant qu’axiome… Une des fonctions de la culture générale, ne l’oublions pas, est la problématisation de ce qui ne pose généralement pas question !

Analyse du sujet « Mémoire et Répétition » : la technique du Champ lexical

La première étape que je conseille aux étudiants du module de la Dissertation Parfaite chez Myprepa, c’est de prendre 5 minutes pour « brainstormer » sur le champ lexical du sujet et de poser sur leur brouillon tous les mots et expressions que leur évoque chaque mot clé du sujet. Ici ce sera simple, il n’y a qu’un mot clé en plus du concept de l’année : « répétition ».

Voyez l’épreuve comme une épreuve sportive. La recherche du champ lexical, ce sont les exercices de souplesse et d’échauffement avant votre performance. Vous gagnez en souplesse cognitive en faisant fonctionner votre mémoire associative et ce faisant, vous élargissez le sujet et minimisez le risque d’en oublier une partie. Du point de vue du style, un second effet extrêmement positif de ce petit exercice est que vous allez pouvoir enrichir votre rédaction d’un vocabulaire enrichi et lié au sujet. Voyons cela ensemble.

Concrètement, quand on me dit « répétition », je pense immédiatement au champ lexical du théâtre. Les acteurs répètent leurs textes. Ils répètent leurs mouvements. Ils répètent pour mémoriser, mais aussi pour parfaire leur jeu. Un jeu, qui, d’ailleurs, n’est pas un jeu solitaire : la répétition permet aux acteurs entre eux d’accorder leurs jeux ensemble.

Le champ lexical de la pièce est riche : la scène, les décors, le metteur en scène, les acteurs, la représentation, let il est certain qu’une copie l’exploitant mettra déjà en valeur la culture générale théâtrale et le vocabulaire du candidat. Sommes-nous malgré nous voués à l’inlassable répétition d’une pièce dont notre mémoire ferait de nous des personnages ? Ou bien au contraire les acteurs conscients d’un scénario non écrit à l’avance ? Notre vie est-elle le décor d’un jeu qu’il nous revient de parfaire par la répétition de ses actes ? Et dans ce cas est-ce que la pièce que nous répétons est un drame, une tragédie, une comédie ou encore une farce ?

Vous comprenez l’idée : à partir d’un mot clé, vous explorez tout un champ lexical qui va venir nourrir et élargir votre réflexion. C’est, de plus, du plus bel effet et vous permet nombre de figures de styles et de métaphores.

Sens et définition du sujet « mémoire et répétition »

Ensuite, il convient de définir les termes. Ici, pas de panique, on n’attend pas de vous une connaissance encyclopédique des définitions telles qu’on peut les trouver dans un dictionnaire. Il suffit en fait de montrer que les mots du sujet peuvent prendre différents sens et à quels contextes ces sens se réfèrent.

La question du temps

Tout d’abord, la répétition a attrait à la question du temps : il s’agit alors d’un recommencement : on répète ce qui fut dans le passé : on recommence l’histoire.

Or, une définition élémentaire de la mémoire est aussi liée à la question du temps : la mémoire est une permanence du passé dans le présent .

Du coup, on peut déjà se demander si la modalité de cette permanence est définie par la répétition, ce qui implique un processus, un cycle, ou bien par la constance, qui implique un état, une donnée insensible au temps.

Identité, Répétition et créativité

Tout d’abord synonyme de recommencement quand elle est analysée sous un prisme temporel, la répétition peut être aussi synonyme de copie, de double, voire même de plagiat. C’est la question de la multiplicité et de l’unicité. De la copie et de l’original. De l’identité et de la singularité.

La question de la créativité et de la mémoire est un thème sur lequel tout candidat bien préparé aura de nombreuses références tant cette question est centrale dans les domaines de l’Art, mais aussi sur la question de l’identité. Que m’est-il de propre si mon identité n’est que la copie de ce qui a déjà été ? Si mes actes sont déterminés par la répétition de schémas comportementaux inculqués dès le plus jeune âge par ma socio-culture via mon éducation ? La création, l’Art, le génie, est-il possible ou bien ne fait-on que mimer, répéter et ré-agencer des images stockées dans notre mémoire ?

 

Mémoire, Répétition et liberté

Du moment que nous avons un passé, nos actions, nos pensées, notre être, demeurent conditionnées par ce passé qui leur est antécédent. Cette idée est centrale sur le thème de la mémoire. Se demander si la mémoire n’est alors que la répétition du passé, c’est se demander si nous sommes libres face à ce passé qui nous détermine.

Bien sûr, il faudra absolument faire évoluer au cours de sa démonstration la définition du concept de liberté, qui est lui aussi complexe, tout en gardant le lien avec la répétition.

Par exemple : suis-je libre d’avoir une pensée originale, propre, qui ne soit pas la répétition des aprioris de ma mémoire culturelle, du moment que ce qui me permet de développer ma pensée, à savoir, le langage, est un élément constitutif de cette culture ?

Dans un cas, je suis prisonnier de ma mémoire, prisonnier de mon passé et voué à répéter les schémas mentaux qui forgent ma culture et donc ma mémoire en tant que je suis un Homme et donc un être de culture.
Dans l’autre cas, il faudra se demander par quel moyen concret l’Homme peut cesser la répétition de ces schémas. Puisqu’il analyse toute nouvelle information à la lumière des connaissances qu’il a déjà en mémoire, on peut penser que c’est impossible.

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« Rejouements » et mémorisation

Ce n’est pas à un préparationnaire aux concours d’entrée aux grandes écoles de commerce que l’on va apprendre que pour mémoriser, il faut répéter. Il faudra être vigileant pour ne pas transformer votre copie en une revue de littérature scientifique et détaillant les effets de la répétition sur la mémoire à long terme… En revanche, de nombreuses références littéraires et surtout, en sciences sociales comme l’Histoire et la psychologie (voire même, une discipline peu connue que l’on appelle la « psycho-histoire », nous permettaient de démontrer que la répétition d’un évènement, ne fut-elle que psychique (à travers la thérapie ou à travers la représentation artistique par exemple) plus qu’un recommencement à l’identique, peut en réalité être un moyen de se réapproprier, de retravailler le passé afin d’y redonner du sens.

La répétition du passé n’est pas alors une réplication, mais bien et bien un rejouement :

La mémorisation est alors comprise non pas comme un simple accès à la mémoire comme outil de stockage, mais bel et bien comme un processus présent de construction de sens, ce processus définissant un certain rapport au temps, un lien entre passé, présent et avenir que l’on appellera alors mémoire. La répétition comprise en ce sens est alors un « rejouement » qui permet le travail du passé au présent, dans le but de donner les clés d’un avenir qui nous extrait de la répétition d’un passé impensé.

 

Répétition et exercice

Enfin, comme nous l’avons vu avec la métaphore du théâtre, la répétition est aussi synonyme d’exercice afin de parfaire sa maîtrise d’un rôle. Il faudra alors sur la copie distinguer deux contextes qui donnent un sens soit positif, humanisant, soit négatif, déshumanisant, à la répétition. Dans le versant positif, on peut parler de l’acteur qui revêt le masque d’un personnage d’une pièce afin de la mémoriser et de parfaire son Art. On rappellera les vertus du théâtre qui permet de mettre en scène la vie humaine et de poétiser la mémoire d’une manière proprement humanisante.

Sur l’autre versant, on se demandera : n’est-ce pas aussi la condition de l’animal social que de revêtir un masque et de répéter le « rôle » que la société lui attribue ? Le problème vient alors que ce rôle est si profondément ancré en sa mémoire à force de répétition que l’on en devient prisonnier. Peut-être le candidat aura alors l’idée de développer l’exemple de la mauvaise foi du garçon de café de Sartres qui permettrait ici de résoudre nombres de facettes du sujet évoquées plus haut, à savoir, le rapport entre mémoire, liberté et identité.

L’aporie se résout simplement : puisque si répéter c’est exercer, il s’agira d’exercer ce qui, dans notre mémoire, permet le déploiement de notre humanité plutôt que ce qui nous confine à l’aliénation. Là, on parlera volontiers du rôle des Arts et de la philosophie, et en particulier la philosophie grecque, et l’importance qu’elle attribuait aux exercices spirituels.

Bien sûr, il s’agira de construire sa dissertation afin d’aller vers une ouverture heureuse des problématiques soulevées ici, donc on terminera en insistant sur le caractère potentiellement humanisant de la répétition.

 

Répétition et Histoire

Bien sûr, la question de la mémoire est consubstantielle avec les problématiques liées au concept d’Histoire avec un grand H. L’Histoire est une mémoire particulière, c’est avant tout une mise en récit de mémoires. Pour ne pas s’éparpiller et rester focalisés sur le sujet « mémoire et répétition », il s’agissait à mon sens de considérer le lien entre mémoire et répétition l’absolu, et éventuellement prendre un exemple tiré de l’Histoire avec un grand H. Mais en réalité, les questions liées à la répétition de l’Histoire, voire même au devoir de mémoire « pour éviter que l’Histoire ne se répète » sont à manier avec précautions tant il est facile de tomber dans le convenu.
Ces questions peuvent être habillements traités sous l’angle des problématiques précédentes, c’est-à-dire le rapport entre répétition et temps, (l’Histoire est-elle une progression, une dialectique ou bien un cycle ?), et entre répétition et « rejouements » (le présent est-il confiné à être un rejouement du passé ?) qui pouvaient être illustrées par des références littéraire ou artistiques plutôt que des éléments tirés de votre cours d’Histoire.

 

Conclusion et recommandations pour les prochaines épreuves de culture générale des concours 2019

Voici pour le mouvement d’analyse de ce sujet qui se révèle donc plus complexe que ce qu’il n’y paraissait. Une fois l’analyse au brouillon réalisée, il s’agit de proposer une synthèse à travers la problématique et le plan. Chacune des 6 facettes détaillées plus haut contient sa ou ses propres problématiques, qu’il faut impérativement subsumer à une problématique générale large à la fin de votre introduction. La problématique doit se résoudre ensuite en 3 temps et l’argumentation des références creusées, pertinentes et originales.

Votre capacité à articuler ces enjeux atour d’un fil rouge et de les illustrer par les bonnes références tient directement à votre préparation durant l’année. Sur ce point, les étudiants chez Myprepa bénéficient d’une méthode de travail atypique que l’on nomme « la Dissertation Parfaite », que vous pouvez découvrir en cliquant ici : La méthode de la Dissertation Parfaite pour réussir l’épreuve de culture générale

Je vous souhaite un bon courage pour les épreuves de la BCE, dont vous retrouverez le corrigé sur Myprepa News !

 

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